Inacceptable ! Depuis la rĂ©solution votĂ©e par des parlementaires europĂ©ens exigeant la libĂ©ration de l’ancien prĂ©sident Mohamed Bazoum, les rĂ©actions indignĂ©es se multiplient sur le continent. Ce vote, prĂ©sentĂ© comme une dĂ©fense des droits et de la dĂ©mocratie rĂ©vèle en rĂ©alitĂ© une ingĂ©rence flagrante et une condescendance persistante. Les dĂ©putĂ©s europĂ©ens n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă qualifier Bazoum de «partenaire» qu’il faudrait rĂ©habiliter, confirmant ainsi que leur objectif n’est pas la souverainetĂ© du Niger, mais la perpĂ©tuation d’un système de dĂ©pendance et de pillage de l’uranium et des richesses naturelles stratĂ©giques. En l’absence des africains, l’Europe s’arroge le droit de dĂ©cider du sort d’un pays indĂ©pendant, reproduisant les logiques coloniales inaugurĂ©es Ă Berlin en 1884. Dans un monde en mutation oĂą les Ă©quilibres gĂ©opolitiques se redessinent, cette attitude apparaĂ®t comme une incongruitĂ© insupportable. La rĂ©action de Niamey ne s’est pas fait attendre et une grande majoritĂ© d’africains qui veulent voir leur continent libĂ©rĂ© de cet asservissement perpĂ©tuel demande une rupture totale de collaboration avec l’Union EuropĂ©enne dans les pays de l’AES qui ont dĂ©cidĂ© d’assumer et d’exercer leur souverainetĂ©.
Ce vote n’est pas un acte isolĂ©, c’est un hĂ©ritage colonial qui perdure en s’inscrivant dans une longue tradition d’ingĂ©rences oĂą l’Europe se considère comme lĂ©gitime pour dicter des conduites Ă tenir aux nations africaines. Derrière des discours sur la dĂ©mocratie et les droits humains, se cache une volontĂ© de prĂ©server des intĂ©rĂŞts Ă©conomiques et stratĂ©giques. Pourtant au mĂŞme moment, les États-Unis et IsraĂ«l violent allègrement toutes les lois et conventions internationales, bombardent, dĂ©truisent, tuent , enlèvent et dĂ©portent des chef d’Ă©tat des pays indĂ©pendants sous le silence complice de ces soi-disant «dĂ©fenseurs des libertĂ©s». Le Niger et ses confrères de l’AES ne permettront plus que de telles agissements colonialistes et rĂ©trogrades se poursuivent. Face Ă cette condescendance renouvelĂ©e, l’Afrique doit adopter une posture claire et ferme. Aucun parlement Ă©tranger ne devrait dĂ©cider du sort d’un pays africain. La solidaritĂ© continentale devrait ĂŞtre renforcĂ©e malgrĂ© qu’il y’a encore une bonne partie des chefs d’Ă©tats et dirigeants qui servent exclusivement les intĂ©rĂŞts Ă©trangers autre que celui de leur peuple. la construction d’une autonomie stratĂ©gique dans les domaines Ă©nergĂ©tiques, sĂ©curitaires et Ă©conomiques permettront de limiter une certaine dĂ©pendance conditionnĂ©e. La rĂ©habilitation de la dignitĂ© des peuples noirs et le respect des valeurs traditionnelles africaines doivent ĂŞtre respectĂ©s par tous pour que la destruction et le contrĂ´le total du monde engagĂ© par une poignĂ©e de suprĂ©matistes soit stoppĂ© net.
La rĂ©solution votĂ©e au parlement europĂ©en par 524 dĂ©putĂ©s est une ingĂ©rence flagrante dans les affaires internes d’un pays indĂ©pendant et souverain. C’est un signal d’alarme qui rappelle que malgrĂ© les discours sur le partenariat et la coopĂ©ration, l’Afrique reste perçue par ces europĂ©ens comme un espace Ă contrĂ´ler et Ă diriger. Mais le temps de la soumission est RÉVOLU. L’Afrique doit dire STOP non pas par des slogans, mais par des actes concrets de souverainetĂ© et de dignitĂ©. Le respect ne se demande pas, il s’impose. Et c’est en affirmant collectivement son indĂ©pendance que le continent tout entier pourra enfin se libĂ©rer des chaĂ®nes de l’arrogance et de la condescendance.
Éric Moïse NKOUANDOU M.